Journées du patrimoine : le samedi 20 septembre à 14h30
Déambulation patrimoniale à Cadillac
A l'occasion des Journées Européennes du Patrimoine, Siriona, en association avec la ville de Cadillac et l'Office de Tourisme de Gironde du Sud, met en lumière le patrimoine de la bastide.
A partir de 14h30 (rendez-vous sous la Halle), Mme Delphine Willis, architecte-paysagiste et conseillère municipale conduira une déambulation d'environ deux heures à la découverte des plaques gravées par la municipalité pour faire revivre un patrimoine disparu ou transformé. A la recherche des anciennes portes ou de l'Institut de viticulture de Cadillac, la promenade revient à la mairie où l'exposition "Cadillac de la Belle Époque aux Années Folles" est proposée par l'équipe réalisatrice de Siriona.
Déambulation gratuite et sans réservation
L'école d'agriculture à été créée en 1893 dans les locaux de l'Institut de viticulture de la Gironde créé par le Comice
Cadillac, un pôle viticole actif à l’aube du XXe siècle
Les ceps de vigne de la région sont comme dans la plupart des vignobles français, décimés par le phylloxera apparu en Gironde entre 1865 et 1869 et dont l’expansion date de 1873. C’est en Bourgogne que la résistance des plants américains au phylloxera fut révélée. C’est en Languedoc que naquit l’idée de greffer les vignes françaises sur des vignes américaines. Mais le développement des porte-greffes américains fut extrêmement lent. Leur succès a été véritablement assuré avec la greffe dite de Cadillac et en 1889 le greffage était devenu en Gironde une opération courante.
« Cette expression « greffe de Cadillac » désigne un système de reconstitution dont l’originalité consiste à greffer au mois d’août, sur un porte-greffe en pleine sève, non décapité, avec des greffons provenant de bois de l’année… Dans la deuxième quinzaine d’août, les façons de l’année sont terminées et la vigne chaussée ; une cuvette est ouverte autour de chaque pied. On pratique alors, à
La question du greffage résolue, restait le choix du porte-greffe pour sélectionner ceux qui résisteraient le mieux à
Ce dynamisme des vignerons locaux se traduisait par la création du premier syndicat agricole girondin dès le 19 avril 1884, soit près de huit mois avant celui de Saint-Emilion, qui a vu le jour le 14 décembre de la même année.
Le premier syndicat agricole girondin
Le syndicat du comice agricole de Cadillac et cantons limitrophes fut créé sur l’initiative de R. Dezeimeris, conseiller général, de Bonnefoux, conseiller d’arrondissement et maire de Cadillac, du Dr Guilbert et de G. Cazeaux-Cazalet. Les objectifs en sont présentés en 1884 par R. Dezeimeris dans un premier bulletin :
« A notre création, on s’est demandé pourquoi nous voulions établir un Comice dans le canton de Cadillac, alors que nous avions autour de nous ceux de Créon et de
Outre des assemblées générales mensuelles, des conférences régulières assuraient une véritable formation des viticulteurs adhérents. Ainsi M. Millardet présenta les vignes américaines… Le Dr Guibert exposa ses conclusions sur la résistance des cépages aux attaques du mildiou. Un viticulteur d’Omet, M. Ballan, fit part de ses expérimentations sur le greffage d’été… ou sur l’incision annulaire : « La portion de l’haste comprise depuis l’incision jusqu’à son extrémité, profitant seule, pendant quelques jours, de toute la sève qui y était accumulée a beaucoup plus grossi que l’autre partie qui se rattache au pied ; et cela sur tous les pieds, quoique à des degrés divers. » Le but était alors d’étudier et diriger la reconstitution des vignobles en recherchant et vulgarisant les conseils des savants et des praticiens.
Le comice se préoccupait également d’améliorer les revenus des exploitations et une commission fut chargée « d’étudier les moyens de favoriser la vente et la consommation des vins naturels, et d’empêcher l’emploi abusif de l’alcool et celui des vins falsifiés ».
La fête annuelle du comice était l’occasion de présenter également tous ces travaux, toutes ces innovations. Le traditionnel banquet, outre les classiques discours de circonstances des élus invités, était aussi le moment des bilans :
« Après quatre ans de son existence, je viens à vous, fier d’avoir tenu les promesses faites, heureux d’avoir obtenu des résultats plus beaux peut-être que nous n’osions les espérer alors… nous avons pu, sans hésiter, faire un pas en avant… Nos greffeurs ont fait des cours de greffage… nous avons soigneusement étudié tous les genres… l’adaptation des plants afin de bien connaître l’espèce à choisir, suivant la qualité du terrain… Nous avons également étudié et expérimenté avec les plus grands soins les effets de l’incision annulaire, si utilement remise en pratique dans notre Comice par M. Pinsan, de Preignac… Tout en aidant à la vulgarisation des bonnes doctrines, [le Comice] a apporté sa pierre à l’édifice général et a su y marquer sa place. La greffe popularisée par M. Ballan, d’Omet, et désignée depuis sous le nom de greffe de Cadillac, est aujourd’hui connue de tout le monde viticole ».
Un bilan plus complet fut dressé en 1893 par R. Dezeiméris :
« Lorsque quelques-uns d’entre vous entreprirent il y a dix ans de constituer le Comice agricole de Cadillac, ils estimaient que dans des conjonctures désastreuses, il fallait courir au plus pressé. Un grand fléau dévastait ce pays, autrefois fortuné. Il ne s’agissait pas de se faire savants pour disserter sur les causes : il fallait, au plus vite, mettre en commun les faits d’observations et d’expérience recueillis par chacun, en vue du relèvement de tous ; faire par élan et sans s’en vanter, acte de solidarité sociale.
Cette mission, d’autres diront si notre Société l’a remplie avec zèle et avec succès ; ou plutôt, personne n’a besoin de le proclamer, plaines et coteaux le montrant de tous côtés par la muette splendeur de nouveaux vignobles…
Le malheur nous a admonestés d’une façon plus rude et ramenés dans des voies moins hasardeuses ; mais nous y serions revenus plus vite, si, de tout temps, chacun de nous avait pris davantage l’habitude de considérer la culture des champs comme un art véritable, art impérieux, exigeant, au lieu de la pratiquer d’une façon trop souvent empirique et irraisonnée ; si nous avions surtout daigné l’envisager comme le sujet le plus digne d’exercer le bon sens, de susciter la réflexion et d’élever la pensée humaine… ».
Le comice a été également à l’origine de l’École primaire supérieure et professionnelle d’agriculture.
L’École primaire supérieure et professionnelle d’agriculture
« Dans le passé, lorsqu’un père de famille de nos cantons ruraux songeait à l’éducation de son fils, par les établissements de l’État, il avait à choisir entre deux alternatives : ou limiter la culture de son enfant à ce que peut fournir l’enseignement primaire proprement dit, ou l’envoyer dans un lycée éloigné, le plus souvent dans la grande ville.
La première hypothèse présentait l’inconvénient d’offrir un développement un peu étroit et médiocrement adapté à la carrière de propriétaire cultivateur…
Mais bien plus défectueuse encore était la seconde éventualité… les attraits de la grande ville, ceux de la vie d’étudiants et le prestige trompeur de carrières réputées plus brillantes éloignaient, pour longtemps, de ses parents et des champs héréditaires le fils de l’agriculteur…
C’est pour répondre à ces besoins impérieux de développement intellectuel que le Comice de Cadillac a songé à la création, au chef-lieu de canton, d’un établissement d’instruction intermédiaire, plus élevé que l’école primaire ordinaire, plus pratique et approprié que le lycée, sans nécessité, comme celui-ci, l’éloignement du pays natal mais en donnant aux jeunes gens un degré de connaissances qui leur permît de ne se trouver déplacés en aucun lieu où les circonstances et leur valeur propre puissent les acheminer. » (R. Dezeimeris)
Cette école a été ouverte le 1er octobre 1893 avec quatre professeurs, trois pour les lettres et les sciences et un pour l’agriculture, ce dernier titulaire en même temps de la chaire d’agriculture créée à Cadillac par arrêté du ministre en date du 16 mars 1893. Ce professeur devait faire, en dehors de son service à l’école, des cours d’adultes à la mairie de Cadillac, du mois d’octobre au mois de mars, deux fois par semaine, le soir. Il devait également, pendant l’été, donner des conférences dans les communes avoisinantes.
L’école fut implantée rue du Cros et un champ d’expériences lui fut annexé. La scolarité durait trois années et au sortir les élèves avaient un bagage leur permettant, soit de suivre leur carrière d’agriculteur, soit de présenter les concours des écoles nationales d’agriculture.
Les buts de l’école ont été fixés le 17 janvier 1892 devant le conseil d’administration du comice par M. Cazeaux-Cazalet, alors secrétaire général.
« La culture de la vigne forme la principale richesse du canton. Combien cette culture n’exige-t-elle pas aujourd’hui de savoir, d’esprit d’observation et de méthode ? L’enseignement agricole ne peut être donné aux adultes par des conférences toujours peu nombreuses et forcément incomplètes. Seuls, des cours réguliers, accompagnés d’applications, avec la constante action d’un professeur sur l’esprit des élèves, pourraient leur faire acquérir des connaissances et les facultés nécessaires aux viticulteurs modernes. L’École primaire supérieure de Cadillac serait pour l’agriculture ce que sont pour l’industrie et le commerce celles de Bordeaux et des départements voisins. »
« L’école de Cadillac constitue un type unique en son genre, véritable pépinière de jeunes agriculteurs d’où sortiront des hommes éclairés, ennemis de la routine sous toutes ses formes ».
En 1896, à la demande de Georges Cazeaux-Cazalet, le Conseil Municipal de Cadillac rachète le bâtiment construit en 1880, route de Branne par la Congrégation de Sœurs de Sainte-Marie pour accueillir un pensionnat pour demoiselles. Celles-ci abandonnent le bâtiment en 1890, sans doute pour des raisons financières et il reste six ans sans entretiens. En1897 l’École primaire supérieure de Cadillac est installée dans ses nouveaux locaux.
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Carte postale Ulysse Vergeron
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Cette école d’agriculture ne fut pas la seule réalisation concrète du syndicat. En 1898, la première station d’avertissements agricoles en France est créée à Cadillac sous la direction de Joseph Capus, dans le but d’aider les viticulteurs à lutter contre le mildiou par des traitements faits au moment opportun. En 1904, elle devint la première station agronomique de
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Un des éléments de la Station